Voyage au Moyen-Orient : les premières ébauches de la diplomatie Trump

Alors que ces prédécesseurs avaient pour habitude de choisir le Mexique ou le Canada comme premier déplacement, Donald Trump a décidé de se rendre au Moyen-Orient et en Europe. Au programme, un marathon diplomatique qui commençait entre Arabie Saoudite, Israël et Palestine. Un parcours ciblé à des fins économiques, diplomatiques et symboliques.

Arrivé le 20 mai à Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite, le président des Etats-Unis Donald Trump s’est tout de suite mis au travail. Trump axe son déplacement en Arabie Saoudite sur le terrorisme, discours à l’appui. Une prise de parole marquante, où le président alerte les pays du Golfe sur la menace terroriste : « 95% des victimes du terrorisme sont des musulmans », et essaye de responsabiliser les leaders de ces Etats, profondéments anti-démocratiques pour la plupart, sur l’importance de combattre Daesh. Donald Trump fait aussi de l’Iran son ennemi. Un Iran qui avait précédemment signé des traités sur le nucléaire avec l’ex-administration Obama. Plus qu’un discours, la diplomatie américaine a aussi profité de cette escapade saoudienne pour signer un contrat des plus juteux, négocié en amont par Jared Kushner. Le ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Al-Joubeir, a parlé de 337,67 milliards d’euros de transactions à venir. Sur cette somme, on peut noter que 110 milliards sont consacrés aux contrats militaires. 12,5 milliards d’achat d’armement à effet immédiat, le reste se décomposant en une trentaine d’accords. Les géants de l’armement américain sont satisfaits, et Lockheed Martin est prêt à fournir à l’Arabie Saoudite le THAAD, système antimissiles, navires, avions, hélicoptères (dont quelques Blackhawk) et technologies. Pour la Maison Blanche, l’ensemble de ces contrats visent à « soutenir la sécurité de l’Arabie saoudite et de la région du Golfe face aux menaces iraniennes, tout en renforçant la capacité du royaume à contribuer aux opérations antiterroristes dans toute la région, ce qui réduit la charge de la conduite de ces opérations pour l’armée américaine ». Reste à savoir si l’Arabie Saoudite est prête à s’adonner à une guerre contre Daesh, eux qui sont toujours restés flous. Pour Donald Trump, la signature de ces contrats est aussi un argument de taille après une campagne « Make America Great Again! ». Signés à l’étranger certes, ils devraient engranger des milliers d’embauches hautement qualifiées sur le sol américain, ce que le PDG de Lockheed Martin n’a pas fi de souligner en conférence de presse. En bref, l’Amérique signe des contrats économiques juteux et a bien compris qu’il fallait investir en Arabie Saoudite pour faire des affaires avec eux.

Remontée à bord d’Air Force One, c’est vers Israël que toute la délégation s’est dirigée, le 22 mai. Une deuxième étape dans son périple, visant cette fois-ci à continuer les efforts entrepris dans le conflit israelo-palestinien. Pas une mince affaire, surtout que le moindre faux-pas pourrait tout mettre à l’eau. Evoquant « une rare opportunité de paix » dans la région, Donald Trump n’a pourtant pas fait avancé grand chose cette fois-ci. Un discours souligné de « vide » par la presse libérale israélienne, elle qui attendait de connaître la position américaine sur la question d’un seul ou de deux états. Seul encas à se mettre sous la dent, la visite du président au Mur des Lamentations. Devenant le premier leader américain à s’y rendre, Donald Trump montre aux yeux du monde – une nouvelle fois – sa sympathie envers le peuple juif, même si il a judicieusement choisi de s’y rendre sans Benyamin Netanyahou. Pas grand chose donc, du moins pas officiellement et peu d’avancées dans la quête d’une paix dans la région.

Le lendemain, Donald Trump est en Cisjordanie pour rencontrer Mahmoud Abbas, président palestinien. Une visite logiquement occultée par l’attentat de la veille à Manchester, faisant 22 victimes. Donald Trump a immédiatement envoyer ses condoléances aux victimes, qualifiant de « losers malfaisants » les auteurs de l’attaque. Concernant sa discussion avec Mahmoud Abbas et les déclarations face presse, le leader de la première puissance mondiale s’est gardé d’évoquer les questions sensibles, telles la colonisation, la violence palestinienne ou le statut de Jérusalem.

Après trois jours au Moyen-Orient, le bilan de Donald Trump est mitigé. Les contrats en Arabie Saoudite devraient être l’argument numéro un de son équipe de communication pour souligner la réussite de ce déplacement, mais les espoirs de paix entre Israël et Palestine sont toujours au même stade. Donald Trump est aujourd’hui au Vatican pour rencontrer le Pape François, et sera demain à Bruxelles pour le sommet de l’OTAN. L’occasion pour lui de rencontrer pour la première fois le président Français Emmanuel Macron lors d’un déjeuner en privé.

Antoine Bourlon
Crédit photo : Jona pour Reuters.

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