Trump Tax Plan : quoi, quand, comment, pourquoi?

Présentée mercredi dernier, la réforme fiscale du cinquante-et-unième président des Etats-Unis s’annonce comme « historique ». En effet, l’ensemble du code fiscal n’a pas été modifié depuis près de 30 ans, 1986 plus précisément, et Donald Trump semble bien motivé à marquer le coup après ses cent premiers jours au pouvoir et l’échec de son projet de loi sur l’immigration. Décryptage.

Quoi?

Concrètement, cette réforme est simple à comprendre, mais difficile à mettre en place. Déclinée en deux axes, elle est pour Donald Trump « l’une des plus importantes dans l’histoire des Etats-Unis ».

L’impôt sur les entreprises, un changement radical

En passant de 35% à 15%, le taux d’imposition sur les sociétés passerait de l’un des plus hauts à l’un des plus bas des pays membres de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économique) indique l’AFP dans une dépêche. Selon Trump, la mesure vise à « créer de l’emploi, remettre les gens au travail et stimuler la croissance économique ». Une optique optimiste d’autant plus que le camp démocrate et les médias ont relevé plusieurs zones d’ombre, comme la mise en place d’un système fiscal territorialisé. Les Etats-Unis sont en effet un des seuls pays à taxer les revenus mondiaux de ses entreprises. Quid alors des 2600 milliards de dollars de bénéfices? L’administration Trump prévoit une « taxe exceptionnelle », qui sera débattue et présentée plus tardivement.

Réforme fiscale, également pour les ménages

L’administration Trump propose en effet une réduction de sept à trois du nombre de tranches de l’impôt sur le revenu des particuliers. Alors imposés selon leurs revenus à des taux de 10, 25 et 35%, les ménages verront l’actuel montant maximal de 39,6% abaissé, et leur « pouvoir d’achat » amélioré. Par ailleurs, les Américains disposant de moins de 24.000$ annuels ne seront plus imposables. Une baisse qui se traduit aussi par une réduction pour les familles ayant des enfants, la multiplication par deux des déductions que les habitants peuvent réclamer sur leurs avis d’imposition et supprimer les droits de succession immobilier.

Quand?

En conclusion de la conférence de presse, la Maison Blanche précise que les discussions se poursuivront « tout au long du moi de mai ». Difficile de poser une deadline de vote alors, mais les négociations entre démocrates & républicains s’annoncent longues et dures, comme le précise Jérome Cartillier, correspondant pour l’AFP à Washington.

Comment?

Avant d’être mis en place, le Trump Tax Plan doit bien évidemment être soumis au Congrès pour approbation. Une approbation qui risque d’être difficile tant les démocrates se sont montrés hostiles à ce projet, à l’image de Bernie Sanders par exemple. Un projet qui risque – et sera très probablement d’ailleurs – d’être modifié afin de correspondre à toutes les attentes. Les négociations seront longues, mais l’Administration se montre confiante, affirmant par le biais du secrétaire au Trésor Steve Mnuchin que la réforme fiscale « se paierait elle-même », et que, donc, les démocrates pourraient voter pour.

Pourquoi?

D’abord pour appliquer son programme. C’est une des bases politiques et surtout un idéal pour l’électorat. Trump a rabâché cette réforme tout au long de la campagne, et cent jours après son investiture, il paraît normal qu’il annonce une telle proposition.
Ensuite, pour se recentrer sur « America First ». Avec les problèmes nord-coréens et moyen-orientaux entre autres, l’isolationnisme made in Trump a du mal à voir le jour. Il semble donc judicieux pour lui d’adopter une autre stratégie politique, lui qui prônait l’Amérique d’abord. Une Amérique d’abord qu’il a du mal à incarner tant sa gouvernance est aux antipodes de cette idée. Mais ce plan fiscal pourrait changer la donne, même si l’on imagine mal les Etats-Unis se retirer de toute négociation à l’échelle du globe.
Ce plan vise aussi à faire oublier le fiasco du projet de loi sur l’immigration. Ce projet a été mis KO par la Justice américaine le 4 février dernier, et Trump a eu du mal à s’en remettre. Colérique face à cette décision, il a néanmoins eu le besoin de rebondir et de proposer autre chose. Malin, car c’est ce que son électorat attend et c’est ce pourquoi il est allé voter…

Enfin, si il y a un problème majeur, pour lequel les démocrates se posent des questions, c’est l’augmentation du déficit budgétaire. Un déficit qui devrait, selon les analystes de Capital Economists, un centre de recherche basé à Londres, augmenter de « 7000 milliards de $ durant la prochaine décennie. Pour cette raison, et celle-ci uniquement, les démocrates ne voteront jamais cette loi ». A moins que l’administration républicaine n’arrive à convaincre de la valider, et surtout de la voter…

Antoine Bourlon


Photo de couverture : White House Press Service.

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