Le PSG boiteux, à l’heure où tout commence


Cela fait plus de 6 mois que la très dispendieuse armada parisienne affole les compteurs, soumettant la Ligue 1 à son emprise cynique. Pourtant, à l’heure des grandes échéances en vue desquelles le colosse fut bâti, quelques fissures dans la charpente auraient tendance à poindre. 

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Cavani, touché à la cuisse, manquera le 8ème de finale aller.

N’importe quel fidèle des talks d’RMC ou d’une certaine chaîne cryptée aura déjà dressé l’amer constat : le scribouillard sportif français a la déprime facile. Et si, pour une fois, l’on avait raison de se faire des cheveux pour la fin de saison du PSG ?

 Comme c’est la tradition depuis le rachat, à l’été 2011, du club de la capitale par le fond d’investissement du Prince Bin-Hamad al Thani, le PSG a profité de la trêve pour fuir le rude hiver continental et s’offrir un stage de deux semaines à Doha, au Qatar. Plus de 35° et une assiduité discutable qui n’éblouissent pas vraiment par leurs effets sur le niveau de jeu parisien. Pire, depuis janvier, le collectif de Laurent Blanc semble inhibé, comme endormi par sa propre domination sur les écuries hexagonales.

Alors évidemment, les résultats sont là : six victoires et deux nuls en neuf matchs depuis la reprise, et encore cinq points d’avance sur le dauphin monégasque après s’être déplacé à Louis II. Mais si le bilan comptable semble au beau fixe, la manière, elle, pose indubitablement question.

 Laurent Blanc à l’épreuve

 Le « Président » l’avait annoncé dès son intronisation : il fera confiance au 4-3-3, formule préférentielle des équipes au jeu basé sur la possession de balle. Et le résultat est éloquent : les franciliens épuisent leurs différents adversaires, affichant des statistiques gargantuesque tant au niveau de la possession que du nombre de passes réussies.

Lolo Ringard
Il fut un temps où Lolo savait se détendre …

Le hic, c’est que l’on peine à voir le plan B du Paris Saint-Germain. Que faire face à un milieu de terrain capable d’exercer un pressing constant pendant au moins 70 minutes ? Cette année, le PSG n’en a rencontré que trois : Saint-Etienne, Lille et Monaco (par deux fois) pour autant de matchs nuls.

Pourtant, les deux tours de contrôle (Ibrahimovic et Cavani) promettaient, en début de saison, une possibilité de jeu long et de déviation. Il n’en est rien : l’animation parisienne semble autiste, bornée à déployer coûte que coûte son jeu léché, avec une efficacité déclinante. Un systématisme que l’on peut retrouver chez le FC Barcelone de Pep Guardiola dont l’influence est explicitement assumée par le coach parisien.

 Si les choix de départs de Blanc se répètent à l’identique, coups d’envois après coups d’envois, il en va malheureusement de même pour ses tentatives de coaching. Ainsi, par deux fois (Nantes et Monaco), le « Président » décide de sortir deux de ses créateurs (Verratti et Pastore) pour lancer dans le grand bain Y. Cabaye et J. Ménez. Cruels effets : par deux fois Paris reculera, abandonnera les côtés, avant de concéder l’égalisation.

Cabaye, c’est une longue histoire. Une doléance insistante de Blanc auprès des propriétaires qataris. Jusqu’à répandre son désir dans la presse, il aura tout tenté pour rapatrier l’idole de Newcastle. Aujourd’hui obligé de justifier les vingt-trois millions investis, l’entraîneur parisien prend le risque de déséquilibrer un milieu à trois jusque là parfaitement huilé. A l’évidence, Cabaye n’est pas encore prêt à s’affranchir de la liberté tactique britannique et mettra du temps à intégrer la rigueur italienne du milieu parisien. Autre problème : Verratti est jalousement couvé par des tauliers du vestiaire (Ibrahimovic, Silva, Motta, Maxwell, Camara) qui verraient d’un œil circonspect l’arrivée d’un concurrent pouvant freiner l’éclosion du jeune transalpin.

Quelques exploits du bambino surdoué, entachés des goûts musicaux d’un vidéaste russe …

Un secteur offensif pâlot

Parler d’une attaque en berne serait un brin exagéré. Mais le secteur offensif dans son ensemble est indéniablement amoindri, miné par une série de blessures et de pertes de confiance.

Pour Edinson Cavani, ce sont les ischios. A l’infirmerie depuis quinze jours, il est d’ores et déjà forfait pour le huitième de finale aller face à Leverkusen. Ibrahimovic est lui touché au dos et parut bien diminué face à une charnière Abidal – Carvalho pourtant peu encline à se livrer à d’excessifs duels athlétiques. Ezequiel Lavezzi, troisième larron du triptyque offensif titulaire est quant à lui endeuillé. Déjà aux prises avec une inextricable perte de confiance, « El Pocho » (« Le Joufflu ») a appris lundi l’assassinat de son oncle Jorge Lavezzi, retrouvé près de Rosario (Argentine) au volant de sa camionnette, une balle dans la tête.

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– « D’abord, fais le vide dans ta tête »
– « Ouais, et ensuite ? »

Que dire de Jeremy Ménez, supposé joker de luxe du PSG ? En proie à de profonds désirs d’ailleurs, le natif de Longjumeau erre comme une âme en peine sur le pré lors de ses tardives apparitions. Sans cesse relancé par Laurent Blanc, il étale un individualisme encore plus caricatural qu’auparavant, enchaînant les vaines percées comme autant de fausses notes sur la partition parisienne. Délibérément ignoré par la plupart du groupe (excepté Marco Verratti), le numéro 7 parisien a déjà la tête à son futur club. Peut-être François Mauriac songeait-il à Jeremy Ménez lorsqu’il décrivait Paris comme une « solitude surpeuplée ».

Eclaircies dans la brume, Lucas et Pastore semblent sur la bonne voie et pourraient bien récompenser, à l’occasion des grandes affiches, tous les espoirs placés en eux, à l’image de la saison dernière5  … Pour peu que Laurent Blanc leur fasse confiance au bon moment. Aucune garantie pour autant de la part des deux virtuoses qui ont, jusqu’alors, distillé leurs fulgurances avec une extrême parcimonie.

Au delà de cet inquiétant panorama d’ensemble, il convient de relever que le PSG a, depuis la saison dernière, énormément progressé dans sa conception du jeu, dans l’idée directrice de son football. Pour cela, rendons à Blanc ce qui est à Blanc. Mais si il y a un domaine où l’évolution reste linéaire, c’est bien celui des incertitudes. Comme l’année dernière, Paris abordera les gros matchs européens sans s’être frotté à réelle opposition comparable. Comme l’année dernière, Paris se présentera en 8èmes de finale avec assurément les latéraux les plus faibles du Top 8 européen. Comme l’année dernière, enfin, Paris devra stopper net l’épidémie de blessures et parier sur le retour en grâce de vedettes égarées … pour avoir une chance.

Car si Napoléon a vu la moitié de son armée décimée avant même d’apercevoir les contours de Moscou, Laurent Blanc aura, lui,  bien besoin de tous ses grognards pour les joutes décisives de sa campagne européenne …

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Lucas Moura et Javier Pastore, parmi les intermittents du spectacle les mieux rémunérés au monde …

F.Rouah

                                                  Ce soir : PSG – Valenciennes,  20h30, BeInSport 1

                                                18/02 :  Leverkusen – PSG, 8ème de finale aller Ligue des Champions,  à 20h45 sur C+

 

 

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