La critique ciné de la critique : La Belle et la Bête, selon Gans

MK2 bibiothèque, séance de 17h30.
Film en salle depuis le 12 février.

Huit ans après son dernier film, le trop rare Christophe Gans revient à la réalisation avec une nouvelle adaptation de La Belle et la Bête. La féerie opère de façon spectaculaire. 

L'une des affiches françaises du film (© Pathé Distribution).
L’une des affiches françaises du film (© Pathé Distribution).

Décidément, les relectures du conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve sont à la mode. Entre une comédie musicale, une série TV américaine et une prochaine relecture cinématographique promise par Guillermo Del Toro, La Belle et la Bête est partout. Mais voici une relecture française signée Christophe Gans, l’homme qui, il y a déjà 13 ans, avait mis une claque dans le paysage du cinéma hexagonal avec une relecture musclée de la bête du Gévaudan, Le pacte des loups. Autant dire que l’idée de voir le bonhomme s’occuper de la chose était on ne peut plus excitant, après de nombreux projets avortés.

L’histoire elle, reste quasiment la même. 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné (André Dussollier) doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle (Léa Seydoux), la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le marchand découvre le domaine magique de la Bête (Vincent Cassel) qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.

Dès le début, le décor est planté. Il s’agit d’un conte. Le happy-end déjà prévisible, on se laisse bercer par la voix-off de Léa Seydoux qui raconte à deux enfants l’histoire de Belle, son histoire. Très vite, Gans impose sa patte visuelle. Cette dernière est un véritable électrochoc dans le paysage cinématographique français. La direction artistique est tout simplement grandiose. Costumes, décors démesurés et effets visuels dignes d’un blockbuster américain. Tout cela permet au spectateur de se faire happer très vite. Et le réalisateur qui revisite quelque peu le conte, se livre à quelques libertés bienvenues. L’origine de la Bête sous forme de flashbacks, le pourquoi de sa malédiction, la transformation  du royaume, de ses serviteurs et animaux, tout y passe.

Riche d’idées, Christopher Gans peut compter sur Vincent Cassel pour camper une bête à la fois féroce et fragile. Léa Seydoux livre une prestation honnête même si on l’a connu bien meilleure. En bref, ce Belle et la Bête version 2014 est un divertissement qui tient ses promesses de conte à la « il était une fois », enrichi d’un univers visuel encore jamais vu. De quoi ravir un public jeune qui n’a pas eu l’occasion d’être bercé par la version Disney ou par celle, plus classique de Cocteau.

Valentin Pimare

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