« C’est aux citoyens d’interpeller les autorités casablancaises »

Au départ, un groupe sur Facebook, créé en septembre 2013. Trois mois plus tard, plus de 7.500 personnes échangent tous les jours sur l’état de leur ville. Ils exposent une image très différente de celle des publicités…

Capitale économique du Maroc, Casablanca est une agglomération de 4 millions d’habitants, une ville qui ne cesse de s’étendre. Mais beaucoup dénoncent une gestion qui n’est pas à la hauteur. Parmi ces personnes, Mouna Hachim, fondatrice du groupe Facebook « Save Casablanca« , qui s’est inspiré de « Save Marrakech« , créé il y a plus d’un an. Chroniqueuse, chercheuse et écrivain, elle a toujours été très impliquée sur les réseaux sociaux. Présente sur Facebook et sur Twitter, elle avait déjà créé un groupe pour protéger la fontaine lumineuse de Casablanca.

Une initiative civique et participative

Dechets Bd Mohamed 5
Photo du boulevard Mohammed V à Casablanca (site Save Casablanca)

Ce groupe est une plateforme d’expression, « tous les membres peuvent publier librement » soutient Mouna Hachim. « J’aime le caractère cosmopolite du groupe, il y a une grande diversité des membres, chacun apporte son savoir-faire et sa spécialisation« . La diversité du groupe réside aussi dans les nombreux thèmes abordés. « Les problèmes de Casablanca sont devenus insurmontables » déplore Mouna Hachim. Que ce soit avec des photos ou par des messages, des milliers d’internautes sont d’accord avec elle. Ils dénoncent tous les jours aussi bien les poubelles qui jonchent les rues que l’omniprésence des panneaux publicitaires. Et les commentaires n’hésitent pas à accuser durement les autorités casablancaises pour leur mauvaise gestion.

Mais du  virtuel au réel, peu ont encore osé franchir le pas. Des réunions entre les membres du groupe ont eu lieu, mais seuls des dizaines de personnes y ont participé, comparé au nombre de membres sur le groupe. Mouna Hachim confie avoir « pensé à créer une association, mais ce serait trop compliqué à gérer. Je sais écrire, dénoncer, informer, et c’est déjà du concret« . Il existe déjà quelques associations qui agissent dans le domaine de la protection de Casablanca, comme Casa Mémoire, qui se consacre surtout à l’architecture et à l’art déco.

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Mouna Hachim (photo de son profil Facebook)

Interpeller les autorités

Ces messages sont une manière pour les internautes de mettre les autorités face à la réalité de la vie casablancaise et à leurs responsabilités. Et grâce à la récente création du site internet, les doléances des citoyens vont être envoyées directement aux autorités. Il suffit de remplir une lettre type, de préciser le type de nuisance et l’adresse, et les créateurs du site s’engagent à envoyer la lettre au président de commune et aux services concernés. Le site s’engage à assurer le suivi du problème, à relancer si rien n’a été fait au bout de plusieurs semaines. Par exemple, un des premiers messages envoyés concerne des travaux au marteau piqueur qui ont lieu juste à côté de bouteilles de gaz butane. Le site va aussi permettre d’archiver et de classer thématiquement les différentes plaintes.

Coïncidence, le roi Mohammed VI a fait un discours le 11 octobre 2013, où il a personnellement critiqué la gestion de Casablanca. Mais pour l’instant, peu de choses ont concrètement changé. Un nouveau gouverneur a été nommé, un groupe de réflexion a été créé, et une campagne de nettoyage a été lancée. Mais pour Mouna Hachim, le problème de Casablanca n’est pas « l’hygiène, mais la gestion de la ville« .

Fanny Cohen Moreau

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