La critique ciné de la semaine : Un Casse Tête Chinois où on aime se prendre la tête

MK2 Bibliothèque, séance de 22h.

C’est ce mercredi 4 décembre, huit ans après Les Poupées Russes que Cédric Klapisch livre la suite des aventures de Xavier. Sa vie, toujours aussi bordélique reste un plaisir à suivre pour le public.

L'affiche du film (Copyright : StudioCanal)
L’affiche du film (Copyright : StudioCanal)

Indécis et insouciant en étudiant Erasmus. Paumé dans les couleurs vives de Barcelone dans l’Auberge Espagnole. Écrivain trentenaire en proie au doute et cantonné à imaginer les téléfilms à l’eau de rose dans Les Poupées Russes. La vie de Xavier (Romain Duris) a toujours été tordue. Comme il le dit lui même dans ce Casse Tête Chinois : « La vie, c’est aller d’un point A à un point B. Chez moi c’est pas ça… ».

On l’a quitté il y a huit ans roucoulant avec Wendy (Kelly Reilly) après s’être maintes fois interrogé sur l’amour, qui sera la bonne, la dernière. Sa vie semblait enfin avoir trouvé son équilibre. C’est sans compter sur ce personnage. On ne se refait pas comme qui dirait, et Xavier n’échappe pas à la règle. Marié, père de deux enfants, ayant enfin réussi à percer dans son métier, il ne voit pas venir la lassitude de sa dulcinée et ses envies d’ailleurs. Car Wendy a envie de New-York où elle a rencontré un bel américain. Elle est décidé à tailler la route, les deux gosses dans ses bagages. Elle ne laisse pas d’autre choix à Xavier que de repartir, une nouvelle (et dernière ?) fois à l’aventure.

Il arrive dans la grosse pomme pour une nouvelle série de galères dans le but de se rapprocher de sa progéniture. L’occasion pour Klapisch de retrouver une mise en scène inspirée et riche en gimmicks qu’il avait un peu perdu depuis quelques films. Comme les spectateurs, il connaît ses personnages par cœur et prend plaisir à les retrouver. Car Casse Tête Chinois, c’est surtout ça. C’est le sentiment agréable de retrouver des personnages auxquels on peut facilement s’identifier, qu’on a vu grandir, évoluer et qu’on a surtout appris à aimer. La crainte de la suite tardive pouvait faire peur mais le plaisir ressenti dans les précédents films est toujours intact.

Xavier (Romain Duris) entouré de ses femmes (Cécile de France, Kelly Relly et Audrey Tautou)
Xavier (Romain Duris) entouré de ses femmes (Cécile de France, Kelly Reilly et Audrey Tautou). (Copyright : StudioCanal).

Les comédiens eux, sont toujours aussi à l’aise dans leurs rôles, aidés par des dialogues bien sentis. On retiendra les discussions de Xavier avec son éditeur ou avec ses philosophes allemands. Des parenthèses très libres que s’autorise Klapisch mais qui sont hilarantes. La maturité encore en question, Xavier reste à 40 ans fidèle à lui-même, c’est à dire paumé. Et il en va de même pour les femmes de sa vie : Wendy, Isabelle et Martine. Tous les personnages ont leurs doutes, leurs zones d’ombre, des envies encore inassouvies. La vie quoi ! Le film est aussi l’occasion pour le réalisateur de s’attaquer à des problèmes de société très actuels. On y parle entre autre de fécondation in vitro, de mariage blanc, d’homo-parentalité, d’immigration avec légèreté mais pertinence.

Casse Tête Chinois est une comédie haute en couleur, teintée de drame social qui offre une conclusion parfaite aux aventures de Xavier. Mais qui sait, suite au film, bon nombre risque d’avoir envie de voir comment le personnage de Romain Duris aborde la crise de la cinquantaine.

Valentin Pimare

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